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LE GRAND LAVOIR DE L'ORVANNE



Le Grand Lavoir de l'Orvanne (parfois appelé Lavoir des Lavandières), situé à Voulx en Seine-et-Marne, est un témoin précieux de l'histoire rurale, de la vie sociale du XIXe siècle et de la gestion de l'eau dans le Sud Gâtinais.


Une construction longuement attendue (XIXe siècle)

L'histoire du Grand Lavoir s'inscrit dans une époque où l'accès à l'eau potable et la salubrité publique deviennent des priorités pour les communes.

Les années 1830 — La demande des habitants : Dès cette décennie, les Voulxiens réclament avec insistance la construction d'un lavoir public adapté. À cette période, l'Orvanne est une rivière très exploitée : elle fait tourner de nombreux moulins (comme le moulin Favenet voisin) et son cours est régulièrement modifié par des biefs et des vannes, ce qui nécessite parfois des arbitrages royaux (comme l'ordonnance de Louis- Philippe en 1833 pour réguler la rivière).

La fin des années 1860 — La naissance du Grand Lavoir : Après des décennies d'attente, l'édifice voit enfin le jour à la fin des années 1860. Il est judicieusement installé au cœur des "Îles de l'Orvanne", juste à côté du système de vannes de la rivière.
À l'époque de sa construction, Voulx ne comptait pas moins de 17 lavoirs (publics et privés) disséminés sur son territoire, ce qui montre l'importance capitale de l'Orvanne dans le quotidien des villageois.
Un véritable poumon social au début du XXe siècle
Au-delà de sa fonction utilitaire, le Grand Lavoir était un lieu de vie essentiel, presque exclusivement réservé aux femmes.

Un espace partagé : Ses vastes dimensions permettaient d'accueillir simultanément entre 15 et 18 lavandières. Les femmes s'y installaient pour rincer ou laver le linge de maison, souvent agenouillées dans des boîtes en bois garnies de paille (les carrosses) pour se protéger de l'humidité.

Le cœur des nouvelles du village : C'était l'endroit où l'on échangeait les dernières rumeurs, où l'on chantait et où l'on rompait l'isolement du travail domestique.

Un lieu de passage : Les cartes postales de la Belle Époque montrent que le site était aussi un lieu de flânerie où se croisaient les enfants, les promeneurs et les pêcheurs profitant des berges de l'Orvanne.
Architecture et caractéristiques techniques
Situé en contrebas de la rue Maigrette, le bâtiment a été conçu pour affronter les caprices de la rivière tout en protégeant les lavandières des intempéries :

Les matériaux : Une structure robuste en briques et en pierres locales.
La charpente : Une belle charpente en bois soutenue par six piliers.
La couverture : Un toit à pans recouvert de tuiles plates traditionnelles de la région.
Les équipements : Le lavoir intègre des tréteaux fixes spécialement conçus pour l'égouttage du linge lourd avant le retour au domicile.

Sauvegarde et avenir du site

Avec l'arrivée de l'eau courante dans les foyers et la démocratisation de la machine à laver au milieu du XXe siècle, le lavoir a progressivement perdu son utilité première et est tombé dans l'oubli.

Bien que la commune ait valorisé les abords de la rivière dans les années 1990 et 2000 (création de l'Espace Naturel Sensible des Îles de l'Orvanne), la structure du Grand Lavoir a beaucoup souffert du temps, de l'humidité et du manque d'entretien. La charpente s'est fragilisée et la toiture menace de s'effondrer.

Un important projet de restauration (notamment soutenu par la Fondation du Patrimoine) a été lancé pour consolider l'édifice, sauver sa charpente d'origine et sécuriser ses abords.

L'objectif est d'en faire à nouveau un lieu de mémoire, de halte pour les randonneurs et de promenade pour les habitants, afin de préserver ce lien historique fort entre Voulx et sa rivière.




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Rendez-vous sur le site de la Fondation du Patrimoine :

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/lavoir-des-lavandieres-de-voulx/105050